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Mazinger : 30 ans et un Chogokin DX double anniversaire

Bandai… toute une institution dans le monde du jouet, entreprise qui rayonne sur le monde entier depuis la reconstruction du Japon d’après guerre. Oui, survivante d’un plan d’austérité sans précédent cette société est au Japon ce que la haute couture est à la France : un incontournable. Pourtant au-delà de son succès affirmé à l’international depuis 1980, on peut poser quelques doutes aujourd’hui sur ces superstars du design dédiées à l’univers du jouet et les différents produits proposés. La preuve en arguments avec la toute fraiche réception de leur dernière œuvre d’art : le Mazinger DX.

 

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CHOGOKIN ET DX…

Le Chogokin n’est pas tout neuf puisqu’il apparait à la fin des années 1960 de l’esprit bouillonnant de Go Nagai, créateur de nombreux mangas mettant en oeuvre ces robots pilotés par des hommes qui deviendront une véritable institution sur de nombreux autres endroits de la planète, bien que limitée à Goldorak chez nous. Le terme Chogokin ( 超合金 ) en lui-même désigne ce métal spécial qui compose ces gigantesques robots quasi indestructibles faits pour nous protéger nous pauvres humains, littéralement : le super-alliage.

Et il est vrai que nos défenseurs en auront besoin pour se tataner avec les innombrables méchants qu’on nous enverra non stop pendant prés de 40 ans ! Go Nagai a le génie d’humaniser ces machines de guerre par leurs pilotes, plus ou moins tourmentés, dont Kouji Kabuto sera l’ambassadeur et père. Cette saga donnera donc naissance à de nombreuses autres séries dérivées, tout autant par l’auteur que d’autres talents passionnés par le domaine. Dernier héritier en date, Gurren Lagann peut être consideré comme Chogokin vu son univers et ses héros.

Les chogokins passent des cases encrées à l’animation en 1972 avec le premier épisode officiel de « Giant Robot : Mazinger ». C’est à cet période que Bandai a l’idée géniale d’assurer le merchandising de cette série en plein succès en créant des figurines. Une popularité qui se répand avec la création d’un jouet assez haut de gamme pour l’époque, mêlant de manière sophistiquée fins moulages de plastique et éléments métalliques pour crédibiliser le tout. Plutôt chers pour une époque où les fans ne sont pas encore geeks ou nerds tels que nous les connaissons aujourd’hui, ces jouets reçoivent un succès mitigé, uniquement acclamés sur l’archipel Japonaise.

Avec l’expansion des séries et épisodes hors terre du soleil levant, les Chogokins envahissent peu à peu le reste du monde, mitigé face aux séries et moins sensible que prévu aux jouets proposés. Bandai réagit assez vite en proposant fin 70’s les Jumbo Machinders, de monstres robots en plastique creux d’environ 70cm que ceux ayant fréquenté les eighties en short et sparadrap au genou ne peuvent pas ne pas avoir connu. Nous en découvrions les exemplaires les plus répandus chez nous via Goldorak et son pote Rayden (pas diffusé en animé mais il lui fallait bien un opposant !) qui feront bien des jaloux dans les familles au lendemain des Noels 80’s (moi y compris : mon 1er Jumbo Machinder je l’ai acheté à… 34 ans, hem !).

Pendant que les géants de plastoc envahissent l’Europe, notre Bandai à son apogée se dit qu’il est temps de marquer le coup. Envoyer du pâtée. Roxay du RoboPonay ! Et donc sortir plus fort que le Chogokin qui se perfectionne chaque année en détails et accessoires malgré sa quinzaine de centimètres : le Chogokin DX. « DX » is for DeluXe baby… et c’est clair que ça envoi. Imaginez : un robot d’une quarantaine de centimètres, essentiellement en métal à l’extérieur et pourvu de détails et fonctionnalités que seule cette échelle permet. Sortiront ainsi une petite dizaine de modèles, dont les plus côtés aujourd’hui se révèlent en fait être les bides de l’époque : un Chogokin DX coûtait une centaine de dollars dans ces années là, consideré comme une gamme un peu bâtarde ; trop chère pour du jouet, pas assez pour de l’objet collector qui à l’époque n’avait pas vraiment son public…

Aujourd’hui on s’arrache les Chogokins DX des eighties à coups de milliers d’euros. Plus que des jouets vintage, ce sont de véritables icônes de Go Nagai et Bandai. Et depuis : rien n’a été ré-édité.

 

30 ANS APRES…

Mazinger, dont le métal ne ride pas ^^, continue régulièrement de réunir les fans. Autour de bandes dessinées avec les retours du robot géant en 1998 dans « Z Mazinger ». Au travers des Mazinger Angels aussi, petites chéries à poitrine atomique du robot d’anthologie (et qu’on croisera chez Goldorak sous les noms de Phenicia et Venusia). Et également au travers des dessins animés avec notamment la série « Shin Mazinger Shougeki! Z Hen » (aussi connue sous « True Mazinger » à l’international) de 2009 qui reprend en l’étendant l’histoire originale du Mazinger des seventies. « Mazinkaiser SKL », version relookée génération 2000 finira d’achever la renaissance du robot fétiche que les époques, apparemment, ne réussiront jamais à enterrer.

Pendant ce temps, les jouets et autres produits dérivés ont suivi les tendances, nous retraçant les évolutions du design de Mazinger au fil des années. D’un humanoïde type plutôt géométrique, le Chogokin s’est adapté en adoptant différents styles, tantôt juste agressifs, tantôt plus subtils et racés dans des inspirations que ne renierait pas Luigi Colani. Et là : 2013…

Bandai n’est pas ingrat et se rappelle aujourd’hui qui est à la source du succès de sa série Chogokin : sir (permettez!) Go Nagai. Il semblait donc inéluctable de marquer le coup et sortir en cette année un objet collector tant hommage aux merveilleuses séries DX d’il y a 30 ans qu’aux balbutiements du Chogokin dans les années 1972-1973.

 

DES FAIT. DES FAITS !

Commander l’édition anniversaire de Mazinger Z DX n’est pas à la portée de tout le monde. Entre les spéculateurs qui se ruent sur l’objet dans l’espoir de le refourguer quelques centaines d’euros plus cher d’ici quelques temps, les passionnés qui sont prêt à ruiner une demi-paie sur la figurine et l’aspect apparemment limité de l’édition (je n’ai pas les chiffres mais réserver tardivement le mien a été un parcours du combattant)… obtenir son DX en 2013 est une chose qui se mérite.

 

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Avec une commande validée en Décembre 2012, le pépère aura prit sont temps jusqu’à ce 26 février 2013 pour arriver à la maison (taxes comprises malgré qu’il soit déclaré comme cadeau ; merci les crevards des douanes Française !). Le colis est imposant, affichant un bon 65x45x40cm. La boite officielle à l’intérieur est à peine moins grosse. On coulisse le cover-bandeau et après ouverture se retrouve devant 4 longues boites plus une grosse quasi carrée contenant le hangar. La première des quatre boites contient les armures du robot en version intégrale, contrairement à la seconde qui propose des demi-armures symétriques pour une vue « explosée » du mécha. La troisième boite contient le Mazinger en lui-même, nu comme un ver, c’est à dire tous composants exposés. L’envie de s’en saisir est immédiate, mais il reste 2 boites. La dernière rectangulaire présente… une fenètre avec les différentes doc’ associées, y compris une repro’ du manga original de 1972. Bonne présentation, mais carton vide au final, hem. L’énorme boite du pack offre le hangar qu’on sort et ouvre rapidement, avant de constater qu’il va falloir s’équiper de piles AAA pour profiter du spectacle : 2 mini projecteurs LED sont inclus dans la base pour éclairage de la star en contre-plongée.

 

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Sorti de son emballage thermoformé, le Mazinger Z nu révèle un poid assez décevant à la prise en main. Comparé en exemple au Chogokin DX de Tetsujin, on constate qu’on a un objet quasi tout plastoc dont seul les articulations internes doivent être faites de métal. Et malgré sa tête supplémentaire de haut comparé au Mazinger 1969 le DX reste bien loin des 1,5kg du magnifique objet de Fewture. – sic… –

L’idée est donc de rapidement l’équiper en espérant tâter du métal dans les autres boites d’accessoires. Déception : en fait, seuls cover du torse, slip et basses jambes sont de métal. Tout le reste des accessoires proposés s’avère n’être que du plastique. Une fois équipé de toutes ses coques, le Mazinger DX ne tient toujours pas la comparaison avec le Mazinger 1969 de Fewture niveau poids. – re-sic… –

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L’OBJET COLLECTOR QU’ON POSE ET NE TOUCHE PLUS

Pour les fans hardcore, la posabilitée d’un objet tel qu’une figurine de héros est un facteur essentiel. Plutôt que de le présenter connement les bras le long du corps, ces gens aiment à afficher l’icône dans ses meilleures poses et concernant les Chogokins, celà se comprend : ça fait partie de la recette. Pose. Phrase de déclenchement. Tatane-dans-sa-gueule ! Toute une institution.

Mettre en route le Mazinger Z DX est un peu fastidieux. Les naïfs ayant cru s’en sortir avec un quadruplé de piles AAA en reviendront vite : il faut 3 piles dans la base donc. Mais encore 2 piles dans le module du torse du robot pour son éclairage et ses effets vocaux. Et encore 2 piles dans l’alignement de 2x 3 moniteurs servant de télécommande ! Encore un non hommage au crétin ayant mis un système d’ouverture de cette dernière qui nécessite un cure-dent alors qu’un simple pousser-coulisser aurait suffit.

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Ensuite habiller ou déshabiller son robot n’est pas si simple non plus. Bandai à cru bon de remplacer les bons vieux aimants des DX millésimés 80’s par des versions plus réduites, moins puissantes, et nécessitant donc le clipsage de ces parties essentiellement plastiques. La haine commence à poindre lorsque l’on cherche à poser l’armure sur l’avant-bras de son Chogokin : de fortes chances que ce dernier se détache. Certes, c’est prévu, mais l’auteur du système d’attache pourrait-il se faire hara-kiri SVP ? On a là un système d’une stupidité ultime, qui consiste en l’alignement de 3 tétons ridicules pour viser un axe qu’on devra combler d’une pression bien ferme sur un relief mécanique (câble) du coude en position relevée à 90° pour faire clipser le picot de fixation. Sans entrer d’avantage dans les détails de la situation, je vous promet pour les non-initié soit de la casse ou de l’incompréhension, soit jusqu’à 1/4 d’heure perdu pour essayer de fixer correctement le clips récalcitrant ! Hallucinant !

J’ai réussi à re-fixer l’avant-bras droit en 10 minutes, pour le gauche j’ai abdiqué au bout de 20 et préféré soumettre l’option Drill Missile Attack qui avec un autre accessoire, permet de présenter le Mazinger avec un coude recourbé à l’extrême prêt à arroser l’ennemi un peu trop arrogant.

 

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En équipement final, toute armure, le Mazinger en impose. C’est gros, c’est beau (malgré les traces de doigts quand on aura forcé pour re-fixer les avant-bras), et bien que toujours pas du poids d’une œuvre de Fewture, ça a de la gueule. Là où le bas va blesser de nouveau, c’est quand on tentera de Poser au plus noble sens du terme la figurine. Déjà, tout se barre en couille du moment qu’on doit forcer un peu à un endroit. C’est dommage. Abstraction faite, si la partie supérieure du robot est bien articulée, il n’en est pas de même pour les membres inférieurs. N’espérez pas agenouiller votre Mazinger DX (trop noble ?!?), les reliefs à l’intérieur des aisselles empêchant de prolonger tout mouvement trop loin (en résumé : calbuth’ de prétentieux qui bloque les libertés de mouvements) ! Donc entre la pose bien droit et celles kékos-musclor, il n’y aura pas beaucoup de variantes au niveau des jambes, dommage again…

Je ne m’étalerais pas non plus sur les options sonores, parfaitement superflues pour qui se contente d’afficher le bestiaux sans autre prétention. Toutefois, il est admirable de noter que 3 chansons intégrales sont inclues en plus des différentes phrases d’attaque stockées dans le module. Je tempérerais cet enthousiasme par le fait de, 24H après déballage, ne toujours pas avoir trouvé la combinaison qui me permettrait de simplement passer sur ON ou OFF l’éclairage du robot sans brouhaha sonore…

 

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CONCLUSION

C’est bien d’avoir pensé à célébrer un mythe, une légende. C’est noble d’avoir poussé le détail à ce que les technologies récentes nous proposent matière d’injection plastique et de moulage métal. La finition peinture est remarquable. Les détails du squelettes très poussés, jusqu’aux vérins vraiment mobiles des pieds. L’équipement est réellement complet et l’objet magnifique. Mais…

 

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Cette impression de boire un café froid ou un soda chaud persiste… entre le hangar Deluxe lui aussi mais pas foutu de recevoir tous les accessoires en même temps bien qu’on ait inventé le Légo depuis belle lurette… cette posabilitée médiocre et ces fixations qui frisent le non-sens parfois… on se dit rapidement que Bandai à raté le point essentiel dans cette réalisation : le facteur émotion.

 

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Je me rappelle quand j’ai déballé mon Tetsujin DX d’occasion… cette électricité dans l’air, ces sentiments, et cette affection par dessus tout pour un objet taillé au mieux du possible pour répondre aux attentes de l’époque et même plus loin. Certes il n’était pas parfait. Certes il souffrait aussi de quelques défauts. (Certes, occasion.) Mais on avait là un objet taillé avec le cœur pour un public qui encore ignorait tout des geekeries actuelles et un fabricant qui se donnait au-delà de ce qu’il était possible de faire par moult astuces de réalisation. Avec le Mazinger DX, on a un bel objet collector, mais pas vraiment envie de l’approcher ou le manipuler. Ça fait un peu classe-snob sans surpasser les standards, genre ramasse-poussière qui au final irait bien avec la collec’ de chats en porcelaine, et pour ça, passer à côté du coeur du fan de base, c’est vraiment dommage.

 

A refaire donc Bandai : y’a Grendizer qui t’attends en Europe ! 😉

 

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