Early Gen’s…

Je me suis toujours senti privilégié d’être dans une période où l’arc technologique issu du génie humain a fait un bon prodigieux. Une étincelle à notre échelle mais une authentique supernova sur la grille de l’évolution, aussi brève qu’intense. Les années informatiques n’ont cessé de nous surprendre par leur prodigieux bonds en avant tant sur le matériel que le logiciel. Et là en 2026 je célèbre un mouvement déjà « rétro » qui date des… débuts 2020 !

La génération d’images ça ne fait que depuis 2022 que je l’expérimente vraiment. D’abord pour la maitriser, comme pour n’importe quel autre outil qui demande apprentissage & pratique pour en exploiter au mieux les fonctions. N’importe quel outil mal utilisé ne fera pas de miracles niveau résultat final, c’est l’utilisateur qui reste au pilotage. Ensuite pour saisir plus profondément leur fonctionnement j’ai pratiqué de manière intense ces logiciels qui au delà du contrôle offert peuvent être détournés en différentes utilisations pas forcément prévues et aussi ouvrir avec clarté une fenêtre sur les perspectives immédiates que proposeront les générations suivantes. Dans l’univers software, c’est une posture vitale cette sorte de veille technologique.

L’aboutissement de ces préalables est une utilisation pratique et productive de ce que permettent les outils de génération d’images. Avec en arrière plan des objectifs personnels que je garde en ligne de mire :

. réduire la dépendance aux systèmes privés

. privilégier les systèmee les plus vertueux qui dédommagent les sources qui leur ont servi d’apprentissages

. créer mes propres sources d’apprentissages pour favoriser la diversification des rendus face à l’uniformisation qui nous menace.

Car il ne faut pas se leurrer : si la génération d’images par IA est une authentique révolution, elle montrera très vite ses limites car je ne cessai de le marteler : UNE RESULTAT IA N’EST QU’UNE MOYENNE DE LA SOMME D’ELEMENTS DANS SA BASE D’APPRENTISSAGE, pas la crème comme certains peuvent l’imaginer. Et c’est là que l’humain conservera toute son importance. Par sa culture. Ses sensibilités. Ses imperfections.

Depuis 2022 je ponce différents logiciels de génération d’image et en à peine 4 ans les bonds en avant ont été extraordinaires. Tant par l’interprétation des prompts, toujours plus tacite, que les rendus obtenus par force milliards de sources ingurgitées (et souvent non payées mais ça c’est un autre débat). Les ridicules résolutions d’époque ont bondi pour passer de visuel VGA rikikis à des rendus supérieurs au 4K pour des temps de calcul n’ayant quasiment pas bougé. Les erreurs grossières comme les mauvais nombres de doigts ou textures trop artificielles sont en pleine voie de disparition. Et pourtant, quand je retourne sur mes primitives premières images générées j’ai toujours un point de chaleur dans le cœur.

Mes visuels générés réussis 2022-2023, même s’ils n’étaient qu’une minorité dans la quantité d’essais générés, offrent un rendu assez particulier. Très primaire. Très gauche. Qui force l’essentiel. Qu’on pourrait considérer limite comme « art brut du numérique ». Et je trouve ça touchant.

Il n’est pas rare que je revienne sur d’anciennes collections pour tenter d’extraire de ces illustrations plutôt naïves le vrai sens que je voulais leur donner à l’origine. Pour cela nous avec à disposition différentes suites d’outils dont 2 majeurs. D’abord les upscalers, eux même nourris à l’IA, qui nous permettent aujourd’hui d’agrandir un timbre poste en format poster en le réinterprétant intégralement sans différence flagrante sur le résultat. Et puis différentes suites de filtres modulables qu’on peut appliquer aux visuels pour retrouver ou créer des colorimétries particulières, des grains photo spécifiques et autres altérations post production pour rendre nos graphismes uniques.

Aujourd’hui un créatif n’a pas les moyens de renier l’IA. On peut faire sans. Les croquis sont toujours plus efficaces pour démarrer un projet d’image. Le « tout fait main » porte instinctivement le caractère unique de son créateur. Et ça n’est pas trop altéré par les technologies nouvelles que nous utilisons : culture & expériences personnelles restent l’essence de ce que nous, fabricants de visuels, proposons aux clients et ils reviennent nous voir pour ça. Toutefois renier les outils IA serait comme persister à écrire des livres à la main en dénigrant l’imprimerie : sans trop de sens à courte échéance. Bref l’IA n’est pas un tout ; c’est juste un des nombreux outils à disposition dans notre atelier pour porter nos réalisations plus loin et nous permettre de nous rapprocher de l’idéal qui nous échappe un peu plus à chaque pas en avant. Et c’est vraiment ça qui est passionnant dans le graphisme.


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